Que faire en cas de constipation, quels traitements et qui consulter ?

Que faire en cas de constipation ? La première étape consiste à observer la consistance des selles, la fréquence du besoin et l’existence éventuelle d’un blocage. Des selles dures, un transit très lent et des selles souples mais difficiles à expulser ne nécessitent pas les mêmes solutions.
Boire davantage, manger des fibres ou faire plus d’exercice sont souvent les premiers conseils donnés en cas de constipation. Ils peuvent être utiles, mais ils ne suffisent pas toujours.
Une personne dont les selles sont trop sèches ne rencontre pas la même difficulté qu’une personne qui ressent une selle bloquée à la sortie. Un transit colique ralenti, une mauvaise perception du besoin, une coordination difficile du plancher pelvien ou l’effet d’un médicament nécessitent également des réponses différentes.
La prise en charge de la constipation ne consiste donc pas seulement à stimuler l’intestin. Elle cherche à comprendre ce qui limite la formation, la progression ou l’évacuation des selles, puis à agir au bon niveau.
Selon la situation, elle peut associer des adaptations alimentaires, de nouvelles habitudes aux toilettes, un traitement médical, une rééducation abdomino-périnéale ou une approche manuelle. Ces interventions sont complémentaires, mais elles n’ont ni le même objectif ni les mêmes indications.
Dans ma pratique d’ostéopathe à Grasse, j’accompagne en complément certaines personnes présentant une constipation associée à des ballonnements, des tensions abdominales ou un inconfort lombaire et pelvien. La consultation s’intéresse à cet environnement fonctionnel, tout en recherchant les situations qui nécessitent prioritairement un avis médical ou une rééducation spécialisée
Dans cet article
Que faire en premier lorsqu’on est constipé ?
Avant de multiplier les solutions, il est utile d’observer ce qui se passe réellement.
Pendant quelques jours, vous pouvez noter :
la fréquence des selles ;
leur consistance selon l’échelle de Bristol ;
la présence ou non d’un besoin spontané ;
le temps passé aux toilettes ;
l’effort nécessaire ;
une éventuelle sensation de blocage ;
l’impression d’avoir complètement évacué ;
les douleurs ou le ballonnement associés ;
les médicaments et compléments utilisés ;
les effets des repas, du mouvement et du stress.
Ces informations apportent souvent davantage qu’un simple décompte des selles.
Des selles petites, sèches et espacées peuvent orienter vers un contenu insuffisant, un ralentissement du transit, une retenue répétée ou l’effet d’un médicament.
Des selles relativement souples qui arrivent dans le rectum mais restent difficiles à expulser font davantage penser à un trouble de l’évacuation.
Un besoin très rare peut correspondre à une progression colique lente, à une perception rectale diminuée ou à l’habitude de différer régulièrement l’envie.
Plusieurs mécanismes peuvent coexister. Cette première observation ne permet donc pas de poser un diagnostic, mais elle évite d’appliquer automatiquement la même solution à toutes les constipations.
Le fonctionnement du transit et les différents profils sont expliqués dans le premier article de cette série : comment savoir si l’on est constipé et comprendre son origine ?
Pourquoi les conseils habituels ne fonctionnent-ils pas toujours ?
Les fibres, l’hydratation, l’activité physique et les habitudes aux toilettes n’agissent pas sur tous les mécanismes de la constipation.
L’effet obtenu apporte déjà une information utile. Si les selles deviennent plus volumineuses mais restent bloquées près de la sortie, ajouter davantage de fibres risque surtout d’augmenter le ballonnement. Si elles deviennent plus souples mais que le besoin reste très rare, le problème ne concerne probablement pas uniquement leur consistance. Si la constipation commence après l’introduction d’un médicament, celui-ci doit être réévalué avec le professionnel qui l’a prescrit.
L’absence d’amélioration ne signifie donc pas nécessairement que les conseils ont été mal suivis. Elle peut indiquer que la stratégie n’agit pas sur le mécanisme dominant.
Que faire lorsque les premières mesures ne suffisent pas ?
Si les selles restent dures ou peu fréquentes
Il faut d’abord vérifier les apports alimentaires, le type de fibres consommées, l’hydratation et les médicaments susceptibles de ralentir le transit.
Un pharmacien peut conseiller sur les solutions disponibles sans ordonnance et vérifier certaines précautions d’emploi. Lorsque la constipation persiste, le médecin peut déterminer si un traitement est nécessaire et lequel correspond le mieux à la situation.
Les traitements n’agissent pas tous de la même manière. Certains retiennent davantage d’eau dans les selles, d’autres augmentent leur volume ou stimulent leur progression. Leur choix dépend du type de constipation, de l’âge, des maladies présentes et des autres médicaments utilisés.
Un traitement peut être utile même lorsque l’alimentation et l’activité physique sont déjà adaptées. À l’inverse, augmenter les doses ou multiplier les produits n’est pas toujours pertinent si les selles arrivent dans le rectum mais ne parviennent pas à sortir correctement. (Chang et al., 2023)
Si les selles semblent bloquées près de la sortie
Une difficulté d’évacuation doit être envisagée lorsque la personne :
pousse longtemps malgré des selles relativement souples ;
ressent un blocage dans le rectum ou près de l’anus ;
conserve une impression de vidange incomplète ;
retourne plusieurs fois aux toilettes ;
doit appuyer autour du périnée ou dans le vagin ;
utilise fréquemment des suppositoires ou des lavements ;
est davantage ballonnée lorsqu’elle augmente les fibres.
Dans cette situation, le problème n’est pas nécessairement un manque de force. La poussée abdominale peut être importante alors que les muscles entourant la sortie ne se relâchent pas au bon moment. C’est un peu comme pousser contre une porte qui ne s’ouvre que partiellement.
Le médecin ou le gastro-entérologue peut rechercher ce trouble à l’aide de l’examen clinique et, si nécessaire, d’examens anorectaux.
Lorsqu’un défaut de coordination est retrouvé, le kinésithérapeute formé à la pelvi-périnéologie peut rééduquer directement l’évacuation. Le travail porte notamment sur la perception du plancher pelvien, son relâchement, la respiration, la poussée et leur coordination.
Un biofeedback peut également être utilisé : des capteurs rendent visibles les pressions ou l’activité musculaire afin d’aider la personne à comprendre puis à modifier son fonctionnement. Cette rééducation constitue l’un des traitements de référence de la dyssynergie défécatoire. (Hite et Curran, 2021)
Si le besoin reste très rare
Des besoins très espacés peuvent correspondre à un transit ralenti, à une perception rectale diminuée ou à une retenue devenue habituelle.
Si les mesures alimentaires et comportementales adaptées ne modifient pas durablement la situation, un avis médical permet de rechercher les médicaments ou les maladies susceptibles d’intervenir. Lorsque cela est utile, un gastro-entérologue peut proposer une mesure du transit ou des examens de la fonction anorectale.
Les recommandations récentes insistent sur un point important : avant de parler de constipation « résistante » et d’intensifier les traitements, il faut vérifier qu’une difficulté d’évacuation n’a pas été méconnue. (Staller et al., 2026)
Constipation qui consulter ?
Le professionnel à consulter dépend surtout de ce que vous observez.
Votre situation | Première démarche conseillée |
Constipation récente, persistante ou différente de votre fonctionnement habituel | Consulter le médecin traitant |
Doute sur un médicament ou besoin d’un conseil ponctuel | Demander conseil au pharmacien, sans interrompre seul le traitement |
Symptômes anciens, importants ou insuffisamment expliqués | Consulter le médecin, qui pourra orienter vers un gastro-entérologue |
Selles souples mais difficiles à évacuer, blocage rectal ou poussées prolongées | En parler au médecin afin d’évaluer l’évacuation et l’intérêt d’une rééducation pelvi-périnéale |
Alimentation très restrictive, fibres mal tolérées ou syndrome de l’intestin irritable associé | Consulter un diététicien formé aux troubles digestifs |
Douleurs pelviennes, symptômes liés aux règles, besoin d’appuyer dans le vagin ou troubles apparus après un accouchement | En parler au médecin ou au gynécologue |
Inconfort abdominal associé à des tensions, à une mobilité réduite ou à des contraintes musculosquelettiques | Une évaluation ostéopathique peut être envisagée en complément du parcours médical |
Douleur intense, vomissements, ventre très distendu, impossibilité d’émettre des gaz, saignement important, fièvre ou altération de l’état général | Demander rapidement un avis médical |
Le médecin traitant pour organiser le bilan
Le médecin constitue le premier interlocuteur lorsqu’une constipation persiste, apparaît brutalement ou change nettement.
Il peut rechercher l’effet d’un médicament, une maladie associée, une cause pelvienne ou digestive et les signes justifiant des examens. Il peut également proposer un traitement ou orienter vers le professionnel adapté.
Le gastro-entérologue lorsque le mécanisme reste incertain
Un avis spécialisé devient pertinent lorsque la constipation est ancienne, sévère, inhabituelle ou insuffisamment améliorée malgré une prise en charge adaptée.
Selon les symptômes, le gastro-entérologue peut étudier la progression des selles dans le côlon, la perception rectale ou la coordination de l’évacuation. Ces examens ne sont pas systématiques : ils sont proposés lorsque leur résultat peut réellement modifier le traitement.
Le kinésithérapeute pour rééduquer l’évacuation
Le kinésithérapeute formé à la pelvi-périnéologie intervient lorsqu’un trouble de la poussée ou du relâchement du plancher pelvien est suspecté ou confirmé.
Son rôle est d’aider la personne à retrouver une coordination plus efficace grâce à un apprentissage actif et répété. Cette prise en charge est différente de l’ostéopathie, qui n’a pas pour objectif de rééduquer directement la défécation.
Le diététicien pour personnaliser l’alimentation
Le diététicien peut aider lorsque les apports sont insuffisants ou très restrictifs, mais aussi lorsque l’augmentation des fibres provoque davantage de douleurs ou de ballonnements.
Il peut ajuster leur nature, leur quantité et leur progression sans réduire inutilement la diversité alimentaire.
Le gynécologue lorsque des symptômes pelviens sont associés
Un avis gynécologique peut être pertinent en présence de douleurs cycliques, de dyschésie accentuée pendant les règles, de dyspareunie profonde, de pesanteur pelvienne, de prolapsus ou de symptômes apparus après une grossesse ou un accouchement.
Une rectocèle ou une autre modification anatomique ne suffit toutefois pas à expliquer tous les symptômes. Elle doit être interprétée en fonction de la gêne réellement ressentie et du fonctionnement de l’évacuation.
Quel parcours retenir concrètement ?
Le médecin reste le premier interlocuteur lorsqu’une constipation persiste, change ou résiste aux premières mesures. Des selles souples mais bloquées doivent faire rechercher un trouble de l’évacuation et peuvent justifier une rééducation pelvi-périnéale.
L’ostéopathie peut être intégrée en complément lorsque l’examen retrouve des composantes mécaniques, tissulaires, respiratoires ou neurofonctionnelles susceptibles de participer aux symptômes.

Que peut faire un ostéopathe en cas de constipation ?
La prise en charge ostéopathique ne consiste pas uniquement à masser le ventre dans le sens du transit. Elle cherche à comprendre quelles composantes peuvent participer au problème : mobilité des régions digestives, environnement conjonctif, régulation neurovégétative, circulation locale, respiration, variations de pression et relations avec les régions lombaires ou pelviennes.
Dans ma pratique d’ostéopathe à Grasse, je m’appuie sur le type de constipation, les symptômes associés, les antécédents et l’examen manuel pour hiérarchiser ces différents axes. Un transit ralenti, des selles bloquées à la sortie, un inconfort après les repas ou une constipation accompagnée de douleurs et de ballonnements ne conduisent pas au même traitement.
Ce raisonnement s’appuie sur l’anatomie, la physiologie et la réponse obtenue pendant la séance. Il permet d’individualiser la prise en charge et de reconnaître les situations dans lesquelles une orientation médicale, nutritionnelle ou pelvi-périnéale reste prioritaire.
Si le transit paraît trop lent
Des besoins très espacés, une faible réaction après les repas et un ballonnement qui augmente progressivement peuvent évoquer un transit ralenti. Seule une exploration médicale permet cependant de le mesurer objectivement.
Dans ce profil, le raisonnement ostéopathique peut s’intéresser à la commande nerveuse du côlon, à la mobilité de ses différentes portions et à l’environnement circulatoire et lymphatique des tissus digestifs.
Le système nerveux propre de l’intestin
Le tube digestif possède un réseau nerveux intégré à sa paroi. Celui-ci organise localement les contractions, les sécrétions et une partie des réflexes digestifs. Il peut fonctionner avec une certaine autonomie, mais il échange en permanence avec le cerveau et la moelle épinière.
Deux grands systèmes modulent alors son activité.
Le système parasympathique accompagne les périodes favorables à la digestion. Il peut faciliter les sécrétions et certaines contractions digestives. Le nerf vague en constitue la principale voie pour l’estomac, l’intestin grêle et la première partie du côlon. La partie terminale du côlon et le rectum reçoivent surtout des voies parasympathiques provenant de la région du sacrum.
Le système sympathique participe davantage à l’adaptation à l’effort, à la vigilance, à la douleur ou au stress. Lorsqu’il devient plus actif, il peut ralentir certaines contractions digestives, réduire les sécrétions, modifier la circulation sanguine locale et renforcer la fermeture de certains passages.
Cette opposition ne doit pas être comprise comme un simple interrupteur. Le sympathique ne « bloque » pas systématiquement l’intestin et le parasympathique ne suffit pas à lui seul à relancer le transit. Les deux systèmes modulent une activité principalement organisée par le réseau nerveux propre de l’intestin. (Sanders et al., 2012)
Que peut travailler l’ostéopathe sur ce volet ?
Selon les éléments retrouvés, le traitement peut concerner :
la base du crâne et le cou, où passe le nerf vague avant de descendre vers le thorax ;
le thorax et le diaphragme, traversés par les voies nerveuses et digestives qui rejoignent l’abdomen ;
les régions dorsales et lombaires, en relation avec la commande sympathique digestive ;
le sacrum et le bassin, davantage associés à la régulation du côlon terminal, du rectum et de l’évacuation ;
l’abdomen et les tissus entourant les organes digestifs, qui envoient continuellement des informations sensorielles au système nerveux.
Ces régions peuvent être intégrées lorsque les symptômes, les antécédents et l’examen orientent vers leur participation. Le traitement manuel cherche notamment à agir sur leur mobilité, leur sensibilité et les informations qu’elles transmettent au système nerveux.
Il ne s’agit donc pas uniquement de « stimuler le nerf vague ». Selon la partie du tube digestif concernée, les régions thoraciques, lombaires, sacrées et abdominales peuvent également entrer dans le raisonnement.
La mobilité du côlon et de ses attaches
Le côlon doit pouvoir s’adapter à son remplissage, aux mouvements respiratoires et aux changements de position. Certaines portions sont relativement mobiles, tandis que d’autres sont davantage reliées à la paroi postérieure de l’abdomen.
Le traitement peut utiliser des mobilisations ciblées, la respiration et certains mouvements du tronc ou du bassin. Il vise à améliorer la mobilité relative des tissus entourant le côlon et de ses attaches.
Cette mobilité externe se distingue du péristaltisme, qui correspond aux contractions produites dans la paroi intestinale. Le travail manuel ne cherche donc pas à pousser les selles, mais à améliorer la capacité des tissus entourant le côlon à accompagner son remplissage, la respiration et les mouvements du corps.
L’environnement vasculaire et lymphatique des tissus digestifs
La paroi intestinale a besoin d’un apport sanguin important pour assurer ses contractions, ses sécrétions, ses échanges et le renouvellement de ses cellules. Après un repas, cette circulation doit s’adapter à l’augmentation du travail digestif.
Les artères, les veines, les voies lymphatiques et les nerfs cheminent ensemble dans les attaches qui suspendent l’intestin. Leur environnement dépend notamment de la mobilité des tissus et des variations de pression produites par la respiration.
Le travail peut alors concerner le mésentère, le diaphragme et les tissus entourant les principaux axes vasculaires et lymphatiques de l’abdomen. L’objectif est de favoriser leur mobilité et des variations de pression compatibles avec les échanges nécessaires au fonctionnement digestif. Cet axe fait partie du raisonnement ostéopathique global et n’est pas interprété isolément.
Si les selles sont surtout sèches ou dures
Des selles sèches peuvent résulter d’un manque de fibres, d’une hydratation insuffisante, d’un médicament ou d’un séjour prolongé dans le côlon. Dans ce dernier cas, la paroi colique dispose de davantage de temps pour récupérer l’eau contenue dans les selles.
Lorsque les apports en fibres ou en eau sont insuffisants, leur correction reste prioritaire. Lorsque les selles sèches semblent surtout liées à une progression ralentie, le raisonnement ostéopathique rejoint les axes nerveux, mécaniques, circulatoires et respiratoires décrits précédemment.
Pourquoi la région hépatobiliaire peut-elle être intégrée ?
La consistance des selles dépend également des sécrétions qui atteignent le côlon et de la composition de son contenu. Les acides biliaires font partie des éléments susceptibles d’influencer cet équilibre.
Ils sont fabriqués par le foie, stockés en partie dans la vésicule biliaire puis libérés au moment des repas. Après avoir participé à la digestion des graisses, la majorité est récupérée dans l’intestin grêle, tandis qu’une petite proportion poursuit son trajet jusqu’au côlon.
À ce niveau, les acides biliaires participent aux sécrétions d’eau et d’électrolytes et peuvent influencer la motricité colique. Une quantité importante favorise plutôt des selles liquides, tandis qu’une disponibilité ou une transformation différente peut être associée, chez certaines personnes, à un transit plus lent et à des selles plus sèches.
Le raisonnement ostéopathique peut donc intégrer la région hépatobiliaire lorsque la constipation s’accompagne d’une digestion difficile après les repas, d’une mauvaise tolérance des aliments gras, d’un inconfort sous les côtes droites ou d’autres éléments orientant vers cette région.
L’ostéopathe peut alors examiner la mobilité de la région hépatique, du diaphragme droit, du duodénum et de l’environnement tissulaire des voies biliaires. Le traitement cherche à améliorer leurs relations mécaniques et leur capacité d’adaptation au cours de la digestion.
Cet axe n’est pas utilisé automatiquement devant toutes les selles sèches et ne signifie pas que la constipation provient nécessairement d’un problème de bile. Une douleur importante sous les côtes droites, de la fièvre, des vomissements ou un ictère nécessitent une évaluation médicale.
Si les selles arrivent mais restent bloquées à la sortie
Lorsque les selles sont présentes dans le rectum mais que leur évacuation demande des poussées longues, plusieurs tentatives ou des manœuvres autour du périnée, le mécanisme est différent d’un simple transit lent.
La défécation nécessite que le corps produise une pression suffisante tout en relâchant les muscles situés autour de la sortie. L’ostéopathe peut alors raisonner à partir des différents espaces de pression du corps.
Comment fonctionnent les caissons de pression ?
Le thorax, l’abdomen et le bassin peuvent être comparés à trois espaces superposés qui changent constamment de forme.
À l’inspiration, le diaphragme descend et modifie la pression dans l’abdomen. La paroi abdominale et le plancher pelvien s’adaptent à ce déplacement. Lors de la défécation, la pression abdominale augmente et doit être dirigée vers le bassin pendant que le plancher pelvien et le canal anal diminuent leur résistance.
Si le thorax reste très rigide, si le diaphragme se mobilise peu, si l’augmentation de la pression abdominale se coordonne mal avec l’ouverture du bassin et du plancher pelvien, l’effort peut devenir moins efficace.
Le traitement vise à améliorer la mobilité et la coordination mécanique entre ces régions. Il ne rééduque cependant pas directement la contraction et le relâchement des sphincters.
Lorsque des selles souples restent bloquées malgré des poussées répétées, une difficulté de coordination de l’évacuation doit être recherchée. La rééducation pelvi-périnéale devient alors la prise en charge spécifique, tandis que l’ostéopathie peut travailler en complément sur l’environnement thoracique, abdominal, lombaire et pelvien.
Si le besoin apparaît peu ou trop tard
Lorsque le besoin reste durablement absent ou très tardif, la priorité est d’en rechercher la raison : transit lent, accumulation rectale, diminution de la sensibilité, médicament ou trouble de l’évacuation.
L’ostéopathie n’est pas le traitement spécifique d’une diminution de la sensibilité rectale. Lorsque le besoin reste durablement absent, une exploration médicale et, selon les résultats, une rééducation sensorielle avec biofeedback sont plus adaptées.
Si la douleur et le ballonnement dominent
Dans certaines constipations, notamment lorsqu’elles s’intègrent à un syndrome de l’intestin irritable, la douleur ne dépend pas uniquement de la quantité de selles retenue.
Le système nerveux peut devenir plus réactif aux mouvements, aux gaz et à la distension. Une sensation digestive ordinaire peut alors être perçue comme beaucoup plus inconfortable. La douleur entraîne à son tour une contraction protectrice, une respiration moins ample et une surveillance accrue du ventre.
Plusieurs niveaux peuvent être intégrés au traitement :
la sensibilité et la mobilité des tissus abdominaux ;
le diaphragme et les variations de pression ;
les régions dorsales, lombaires ou costales associées ;
les zones de sensibilité cutanée ou musculaire ;
les réactions de contraction protectrice.
Dans ce profil, l’amélioration ne se mesure pas uniquement à la fréquence des selles. Une diminution de la douleur, du ballonnement, de la contraction protectrice et une meilleure tolérance des mouvements digestifs constituent également des résultats importants.
Pourquoi plusieurs axes sont-ils souvent traités ensemble ?
Les mécanismes se combinent fréquemment.
Un transit lent peut produire des selles sèches. Leur passage devient douloureux, la personne retient davantage et le rectum finit par moins bien signaler son remplissage. La poussée devient alors plus forte alors même que le plancher pelvien se relâche moins bien.
Le traitement peut donc associer plusieurs axes :
la commande nerveuse du transit ;
la mobilité du côlon ;
les sécrétions et le système biliaire ;
l’environnement circulatoire et lymphatique des tissus digestifs ;
le diaphragme et les pressions ;
le bassin et les conditions d’évacuation ;
la sensibilité digestive ;
les conséquences d’un antécédent abdominal ou pelvien.
Le traitement ne suit donc pas une liste fixe de structures à corriger. Il hiérarchise les composantes qui paraissent les plus importantes chez la personne, détermine l’ordre dans lequel elles seront abordées et vérifie si leur traitement améliore réellement les symptômes ou la fonction digestive.
Que montrent les études sur les thérapies manuelles ?
Les études consacrées aux massages abdominaux, aux mobilisations viscérales et aux prises en charge manuelles rapportent une amélioration possible de certains symptômes de constipation, notamment la fréquence des selles, la durée de la défécation et la qualité de vie.
Les techniques, les populations et les protocoles restent cependant très variables. Ces résultats ne permettent donc pas d’identifier une méthode unique ni de prévoir la réponse de chaque patient. Les traitements manuels doivent être envisagés comme un complément dont l’intérêt est réévalué à partir de changements concrets. (Torres-Sánchez et al., 2025)
Comment se déroule une consultation d’ostéopathie à Grasse pour la constipation ?
La consultation commence par un interrogatoire permettant de préciser le profil de constipation, les douleurs et gênes associés ainsi que les antécédents.
L’examen est ensuite adapté au profil retrouvé. Il peut concerner l’abdomen et les différentes portions digestives, mais aussi le diaphragme, le thorax, les lombaires, le bassin et les régions en relation avec la régulation nerveuse du transit.
Le traitement peut associer des mobilisations viscérales, un travail des plans conjonctifs, du diaphragme, des régions thoraco-lombaires ou pelviennes et l’utilisation de la respiration ou des mouvements du patient. L’ordre dépend de ce qui paraît prioritaire : je peux peut commencer par l’environnement d’une région avant de la traiter plus directement.
Les effets sont ensuite réévalués à partir de critères concrets : fréquence et consistance des selles, apparition du besoin, facilité d’évacuation, temps passé aux toilettes, ballonnement, douleur et confort après les repas.
Si vous recherchez un ostéopathe à Grasse pour une constipation, des ballonnements ou un inconfort digestif, une première consultation permet d’étudier les différentes composantes susceptibles de participer à vos symptômes, de déterminer les axes accessibles au traitement ostéopathique et de vous orienter lorsqu’une prise en charge médicale, nutritionnelle ou pelvi-périnéale paraît prioritaire.

Que faire en cas de constipation au quotidien ?
Les habitudes quotidiennes peuvent contribuer à améliorer une constipation, mais elles doivent correspondre à la difficulté rencontrée.
L’objectif n’est pas de tout modifier simultanément. Il est préférable de choisir une ou deux mesures, de les appliquer suffisamment régulièrement et d’observer leur effet sur la consistance des selles, l’apparition du besoin, l’effort nécessaire et la sensation d’évacuation.
Pourquoi le rythme de la journée influence-t-il le transit ?
Le côlon ne fonctionne pas avec la même intensité à chaque heure de la journée. Son activité motrice suit un rythme nycthéméral : elle diminue généralement pendant le sommeil et augmente pendant la journée.
Le réveil et les repas ajoutent leurs propres stimulations. Chez de nombreuses personnes, les contractions coliques propulsives sont plus fréquentes après le réveil et les selles surviennent plus volontiers au cours de la matinée.
Cette organisation dépend à la fois :
des horloges biologiques internes ;
de l’alternance entre la veille et le sommeil ;
de la lumière ;
des horaires des repas ;
de l’activité physique ;
des habitudes quotidiennes.
Elle explique pourquoi un voyage, un passage au travail de nuit, des repas très irréguliers ou un sommeil perturbé peuvent temporairement modifier le transit.
La chronobiologie ne signifie pas qu’il existe une heure parfaite pour aller à la selle.
Certaines personnes évacuent naturellement le matin, d’autres plus tard. L’objectif est surtout de repérer les périodes pendant lesquelles le côlon semble le plus actif et le besoin le plus facilement perceptible.
Les activités motrices et sécrétoires du tube digestif sont influencées par ces rythmes biologiques ainsi que par l’alternance veille-sommeil et les repas. (Konturek et al., 2011)
Comment profiter du réveil et des repas ?
L’arrivée d’aliments dans l’estomac et l’intestin déclenche plusieurs signaux nerveux et hormonaux qui augmentent l’activité du côlon. Cette réponse est couramment appelée réflexe gastrocolique.
Le repas qui vient d’être consommé ne traverse pas immédiatement tout le tube digestif. Il stimule plutôt la progression d’un contenu déjà présent dans le côlon.
Cette réponse est souvent plus importante :
après le réveil ;
après le premier repas ;
après un repas suffisamment consistant.
Une personne qui ressent une envie après le petit-déjeuner peut donc prévoir quelques minutes disponibles à ce moment-là. Si elle ne mange pas le matin, elle peut observer si le besoin apparaît après son premier véritable repas.
Chez une personne travaillant en horaires décalés, cette période favorable ne correspond pas nécessairement au matin indiqué par l’horloge. Elle peut survenir après son propre réveil et son premier repas.
Le café stimule l’activité colique chez certaines personnes, y compris lorsqu’il est décaféiné. Il peut participer au déclenchement du besoin, mais il ne corrige pas à lui seul le mécanisme d’une constipation persistante.
Pourquoi répondre au besoin lorsqu’il apparaît ?
Lorsque le rectum se remplit, sa distension produit une envie d’aller à la selle. Si cette envie est régulièrement repoussée, elle peut diminuer temporairement alors que les selles restent présentes.
Les contraintes professionnelles, le manque d’intimité, des toilettes inconfortables ou la peur d’une selle douloureuse peuvent favoriser cette retenue. Les selles continuent alors à perdre de l’eau et leur évacuation suivante peut devenir plus difficile.
Il est possible de créer des conditions favorables en réservant quelques minutes après le réveil ou un repas. En l’absence de besoin ou de progression, mieux vaut cependant se relever que prolonger les poussées.
Cette routine peut aider à mieux reconnaître une fenêtre naturelle. Elle ne suffit pas à corriger un transit très ralenti, une hyposensibilité rectale ou un trouble de l’évacuation.

Quelle quantité de fibres faut-il consommer ?
En France, le repère nutritionnel chez l’adulte est d’environ 30 grammes de fibres par jour. Cette valeur correspond à un objectif alimentaire général et non à une dose thérapeutique à atteindre brutalement.
Une personne consommant actuellement peu de végétaux peut augmenter progressivement ses apports sur plusieurs jours ou semaines. Passer directement à de grandes quantités de son, de graines et de légumineuses risque surtout de provoquer des gaz, un ballonnement et des douleurs.
Il est généralement plus simple de modifier un repas à la fois, puis d’observer :
la consistance des selles ;
leur volume ;
l’apparition du besoin ;
la facilité d’évacuation ;
l’évolution du ballonnement.
Une augmentation des fibres est réellement utile si les selles deviennent plus faciles à évacuer, et pas seulement plus volumineuses.
Fibres solubles ou insolubles quelles différences ?
La distinction entre fibres solubles et insolubles constitue un premier repère, mais elle ne suffit pas à prédire leur effet.
Deux fibres solubles peuvent se comporter très différemment. L’une peut former un gel et retenir durablement l’eau dans les selles. Une autre peut être rapidement fermentée par le microbiote et produire principalement des métabolites et des gaz.
Il faut donc tenir compte de trois propriétés :
la capacité à retenir l’eau ;
la capacité à former un gel ;
la vitesse de fermentation par le microbiote.
Les aliments contiennent généralement plusieurs types de fibres. Les catégories suivantes décrivent leur effet dominant plutôt qu’une séparation absolue.
Type de fibres | Effet dominant | Sources fréquentes | Utilité possible | Limites |
Solubles, visqueuses et gélifiantes | Retiennent l’eau et améliorent la souplesse et la cohésion des selles | Psyllium ; avoine et orge contenant notamment des bêta-glucanes ; graines de lin ou de chia hydratées | Selles sèches, dures ou fragmentées | Ballonnement en cas d’introduction rapide ; hydratation suffisante nécessaire |
Solubles et fermentescibles | Sont utilisées par le microbiote et produisent des métabolites ainsi que des gaz | Inuline, fructo-oligosaccharides, chicorée, ail, oignon, poireau, artichaut | Diversification alimentaire et apport de substrats au microbiote | Effet laxatif variable ; gaz et ballonnement parfois importants |
Principalement insolubles | Augmentent surtout le volume et la teneur en eau des selles selon leur structure | Son de blé grossier, céréales complètes, fruits à coque, enveloppe de nombreux végétaux | Selles peu volumineuses lorsque l’évacuation reste efficace | Peuvent accroître l’inconfort si le transit est très lent ou si les selles sortent difficilement |
Les fibres gélifiantes
Les fibres gélifiantes absorbent l’eau et participent à la formation de selles plus souples et mieux structurées.
Le psyllium est la fibre la mieux étudiée dans cette catégorie. Il est peu fermenté et conserve une grande partie de sa capacité à retenir l’eau pendant son passage dans le côlon. Il provoque donc généralement moins de gaz que certaines fibres rapidement fermentescibles.
L’avoine et l’orge apportent notamment des bêta-glucanes, mais aussi d’autres fibres. Leur effet alimentaire ne doit pas être considéré comme strictement équivalent à celui d’un complément de psyllium.
Les graines de lin et de chia forment un mucilage lorsqu’elles sont hydratées. Elles apportent également des fibres insolubles et des lipides. Leur effet dépend de la quantité, de leur préparation et de la tolérance individuelle.
Ces fibres peuvent être intéressantes lorsque la difficulté vient principalement de selles sèches ou fragmentées.
Les fibres fermentescibles
L’inuline et les fructo-oligosaccharides sont rapidement utilisés par le microbiote. On les retrouve notamment dans la chicorée, l’ail, l’oignon, le poireau, l’artichaut et différents produits enrichis en fibres.
Leur fermentation participe à la production d’acides gras à chaîne courte, mais également de gaz. Leur effet sur la fréquence, la consistance et l’évacuation des selles reste plus variable que celui du psyllium.
Une personne souffrant déjà de ballonnements, d’un syndrome de l’intestin irritable ou d’un transit très lent peut donc mal tolérer une augmentation brutale d’inuline, même si le produit porte les mentions « riche en fibres » ou « prébiotique ».
Une fibre présentant un intérêt pour le microbiote n’est pas automatiquement celle qui soulagera le mieux une constipation.
Les fibres principalement insolubles
Les fibres insolubles ne se dissolvent pas dans l’eau. Certaines sont peu fermentées, tandis que d’autres peuvent être partiellement utilisées par le microbiote. Leur effet dépend de leur structure et de la taille de leurs particules.
Elles sont présentes notamment dans le son de blé, les céréales complètes, les fruits à coque et l’enveloppe de nombreux végétaux.
Le son de blé grossier semble davantage augmenter la teneur en eau et le volume des selles que le son fin. Cet effet peut être utile lorsque les selles sont peu abondantes et que leur évacuation reste confortable.
Il peut devenir moins adapté lorsque :
le transit est très ralenti ;
les selles s’accumulent ;
le rectum se vide mal ;
un trouble de la coordination du plancher pelvien est présent ;
le ballonnement constitue déjà le symptôme dominant.
Une analyse comparant le psyllium et le son de blé retrouve un effet plus important du psyllium sur la quantité de selles produites chez les personnes présentant une constipation chronique. Elle montre également que la taille des particules du son influence son effet. (McRorie et al., 2020)
Comment augmenter concrètement les fibres alimentaires ?
L’objectif n’est pas d’ajouter brutalement du son, des graines et des compléments à chaque repas. Il est d’augmenter progressivement la diversité et la quantité des végétaux, puis d’observer si les selles deviennent réellement plus faciles à évacuer.
Une première étape peut consister à introduire une portion supplémentaire de légumes cuits par jour. La cuisson attendrit les végétaux et les rend parfois plus faciles à tolérer que de grandes quantités de crudités.
Parmi les légumes pouvant être intégrés régulièrement, on retrouve notamment :
les courgettes ;
les carottes ;
les haricots verts ;
les épinards ;
les aubergines ;
les courges ;
les blettes ;
les petits pois ;
les brocolis.
Ils n’apportent pas tous la même quantité ni les mêmes types de fibres. Leur intérêt vient surtout de leur association avec l’eau, les micronutriments et la variété alimentaire. Il est donc plus utile d’alterner plusieurs légumes que de rechercher un aliment présenté comme particulièrement efficace contre la constipation.
Certains légumes sont davantage fermentés par le microbiote. C’est notamment le cas de l’artichaut, de l’oignon, de l’ail, du poireau, du chou-fleur et de certains choux. Ils peuvent parfaitement faire partie de l’alimentation, mais une grande quantité introduite brutalement peut accentuer les gaz et le ballonnement chez les personnes sensibles.
La tolérance compte autant que la teneur théorique en fibres. Un légume bien supporté et consommé régulièrement sera souvent plus utile qu’un aliment très riche en fibres qui provoque systématiquement des douleurs.
Quelle place donner aux légumineuses ?
Les lentilles, les pois chiches, les haricots blancs ou rouges, les pois cassés et les fèves apportent à la fois des fibres solubles, des fibres insolubles, de l’amidon résistant et des protéines végétales.
Elles peuvent contribuer à augmenter le volume des selles et nourrir le microbiote. Elles sont toutefois fermentescibles et peuvent provoquer des gaz lorsqu’elles sont introduites trop rapidement.
Une progression simple peut consister à commencer par quelques cuillères à soupe de légumineuses cuites une à deux fois par semaine, puis à augmenter la portion selon la tolérance. Elles peuvent être ajoutées dans une salade, une soupe, une purée ou un plat associant céréales et légumes.
Pour améliorer leur tolérance, il peut être utile de :
commencer par une petite quantité ;
les faire tremper lorsqu’elles sont achetées sèches ;
jeter l’eau de trempage avant la cuisson ;
les cuire suffisamment longtemps ;
rincer soigneusement les légumineuses en conserve ;
tester une seule variété à la fois.
Les lentilles corail, qui sont décortiquées, ou les légumineuses bien cuites et mixées sont parfois plus faciles à introduire. Cela reste toutefois variable : une personne peut bien tolérer les lentilles et être très ballonnée avec les pois chiches, ou présenter exactement l’inverse.
Lorsque le ballonnement est déjà important, il n’est pas nécessaire de supprimer durablement toutes les légumineuses. Il peut être plus pertinent de réduire temporairement les portions, de modifier leur préparation puis de tester progressivement la quantité tolérée.
Quels autres aliments peuvent être utiles ?
Les recommandations alimentaires publiées par la British Dietetic Association en 2025 (Dimidi et al., 2025) retrouvent notamment un intérêt possible pour :
deux à trois kiwis par jour ;
le pain de seigle ;
le psyllium.
Les pruneaux peuvent également faciliter le transit grâce à leurs fibres et à leur teneur en sorbitol. Ils sont cependant susceptibles d’augmenter les gaz ou les douleurs chez certaines personnes.
L’avoine, l’orge, le pain semi-complet ou complet, les fruits entiers, les graines de lin moulues et les graines de chia hydratées peuvent aussi contribuer aux apports. Aucun de ces aliments n’a besoin d’être ajouté simultanément.
Il est préférable de choisir une seule modification, de la maintenir pendant plusieurs jours puis d’observer :
la consistance des selles ;
l’apparition du besoin ;
la facilité d’évacuation ;
le temps passé aux toilettes ;
le ballonnement et les douleurs.
Une modification peut être conservée ou augmentée lorsqu’elle facilite réellement le transit. Si elle produit surtout davantage de gaz ou des selles plus volumineuses qui restent difficiles à évacuer, elle n’agit probablement pas sur le mécanisme dominant.
Dans quelles situations faut-il être prudent avec les fibres ?
Une augmentation importante des fibres n’est pas toujours la première réponse lorsque :
les selles sont déjà souples mais restent bloquées à la sortie ;
les efforts sont longs ou importants ;
une sensation de blocage anal ou vaginal domine ;
des manœuvres manuelles sont nécessaires pour évacuer ;
le besoin reste absent malgré des selles plus volumineuses ;
les fibres augmentent fortement le ballonnement sans améliorer l’évacuation.
Dans un trouble de l’évacuation, ajouter davantage de contenu peut augmenter la quantité de selles arrivant dans le rectum sans faciliter leur sortie. Une évaluation anorectale et une rééducation pelvi-périnéale peuvent alors être plus pertinentes.
Un transit très ralenti peut également rendre les grandes quantités de fibres fermentescibles difficiles à tolérer. Les fibres ne sont pas nécessairement inutiles dans cette situation, mais leur nature, leur quantité et leur progression doivent être individualisées.
Une douleur abdominale importante, des vomissements, une forte distension ou un arrêt des selles et des gaz ne doivent pas conduire à augmenter les fibres. Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale rapide.

Faut-il boire davantage en cas de constipation ?
Les fibres capables de retenir l’eau nécessitent un apport hydrique suffisant. Augmenter fortement les fibres tout en buvant très peu peut rendre les selles plus volumineuses sans améliorer leur évacuation.
Une hydratation insuffisante doit donc être corrigée, notamment :
en période de chaleur ;
pendant une activité physique importante ;
chez une personne âgée ressentant moins la soif ;
lorsque les boissons sont régulièrement oubliées ;
lors de l’introduction d’un complément de fibres.
Il n’existe toutefois pas un volume universel permettant de traiter toutes les constipations. Les besoins varient selon la corpulence, l’alimentation, l’activité, la température, la grossesse et certaines maladies.
Boire excessivement ne force pas l’eau à rester dans les selles et ne corrige pas à lui seul un transit lent ou un trouble de l’évacuation.
Quelle position adopter aux toilettes ?
Un petit repose-pieds peut placer les genoux légèrement au-dessus des hanches. Le tronc s’incline vers l’avant tandis que les avant-bras peuvent prendre appui sur les cuisses.
Cette installation peut faciliter l’ouverture de l’angle anorectal. Elle ne corrige toutefois pas à elle seule une dyssynergie du plancher pelvien.
La poussée peut rester brève et être accompagnée d’une expiration, plutôt que réalisée longtemps en bloquant fortement la respiration. Contracter simultanément les mâchoires, les épaules, l’abdomen et le périnée augmente l’effort global sans garantir une meilleure évacuation.
En l’absence de besoin ou de progression, mieux vaut se relever et réessayer plus tard que prolonger les poussées.
L’activité physique peut-elle améliorer le transit ?
Une activité régulière participe au rythme quotidien et au maintien des capacités fonctionnelles. Elle peut être particulièrement utile après une période d’immobilisation, une hospitalisation ou une diminution importante des déplacements.
Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport intense. La marche et les mouvements du quotidien constituent déjà une reprise d’activité. Une courte marche après un repas peut également associer le mouvement à une période pendant laquelle l’activité digestive augmente naturellement.
L’exercice ne constitue cependant pas un traitement universel. Une personne déjà active peut rester constipée lorsque la difficulté concerne la motricité colique, un médicament, la perception rectale ou l’évacuation.
Comment savoir si les changements fonctionnent ?
Une mesure quotidienne peut être considérée comme utile lorsque :
les selles deviennent plus faciles à évacuer ;
leur consistance se rapproche des types 3 ou 4 de l’échelle de Bristol ;
le besoin devient plus identifiable ;
les efforts et le temps passé aux toilettes diminuent ;
la sensation d’évacuation incomplète s’atténue ;
le ballonnement reste acceptable.
Il est préférable de modifier peu d’éléments à la fois. Augmenter simultanément les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, le psyllium et les produits prébiotiques empêche de comprendre ce qui aide réellement.
Si les adaptations augmentent surtout le ballonnement, ne modifient pas l’évacuation ou deviennent très contraignantes, le mécanisme de la constipation mérite d’être réévalué plutôt que d’intensifier indéfiniment les mêmes conseils.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Un avis médical rapide est nécessaire en présence de :
constipation brutale ou très différente du fonctionnement habituel ;
douleur abdominale intense ou rapidement progressive ;
ventre très distendu ;
vomissements ;
impossibilité d’émettre des selles et des gaz ;
sang important dans les selles ou selles noires ;
fièvre ;
amaigrissement inexpliqué ;
anémie ;
masse abdominale ou rectale ;
altération de l’état général ;
symptômes neurologiques associés.
Une modification persistante du transit, une constipation récente chez une personne plus âgée ou des antécédents familiaux de cancer colorectal doivent également être signalés au médecin.
L’ostéopathie ne constitue pas la priorité lorsqu’une obstruction, une maladie digestive, une complication chirurgicale ou une autre cause médicale est suspectée.
Questions fréquentes sur le traitement de la constipation
Que faire immédiatement lorsqu’on est constipé ?
En l’absence de signe d’alerte, il est possible de profiter du besoin lorsqu’il apparaît, d’utiliser un petit repose-pieds, d’éviter les poussées longues et de vérifier progressivement l’alimentation, l’hydratation et l’activité. Si la constipation persiste ou devient inhabituelle, un avis médical permet d’en rechercher le mécanisme.
Faut-il manger plus de fibres lorsqu’on est constipé ?
Pas systématiquement. Les fibres peuvent aider lorsque les selles manquent de volume ou retiennent insuffisamment l’eau. Elles peuvent toutefois augmenter le ballonnement ou la sensation de blocage lorsqu’un trouble de l’évacuation est présent. Leur augmentation doit être progressive et évaluée selon ses effets.
Pourquoi les selles restent-elles bloquées alors qu’elles sont molles ?
Des selles souples mais difficiles à expulser peuvent évoquer un trouble de l’évacuation. La poussée abdominale, le rectum et le plancher pelvien ne se coordonnent alors pas correctement. Un bilan anorectal et une rééducation spécialisée peuvent être nécessaires.
Quel professionnel consulter en cas de constipation chronique ?
Le médecin traitant constitue généralement le premier interlocuteur. Un gastro-entérologue peut explorer le transit ou l’évacuation. Un kinésithérapeute spécialisé intervient lorsqu’une rééducation abdomino-périnéale est indiquée. Le diététicien adapte l’alimentation, tandis que l’ostéopathe peut travailler sur les composantes manuelles et fonctionnelles associées.
L’ostéopathie peut-elle aider en cas de constipation ?
L’ostéopathie peut accompagner certaines constipations lorsqu’elles s’associent à une sensibilité abdominale, des ballonnements ou des gênes respiratoires, lombaires ou pelviennes. Elle intervient en complément et ne remplace pas l’évaluation médicale, l’adaptation alimentaire ou la rééducation d’un trouble de l’évacuation.
Ce qu’il faut retenir sur les traitements de la constipation
Il n’existe pas un traitement unique pour toutes les constipations. Les solutions dépendent de la consistance des selles, de leur progression dans le côlon, de la perception du besoin et de la qualité de l’évacuation.
Les fibres, l’hydratation, le rythme des repas et l’activité physique peuvent aider, mais ils ne corrigent pas systématiquement un transit lent ou un trouble du plancher pelvien. Des selles souples qui restent bloquées doivent notamment faire envisager une évaluation de l’évacuation et, si nécessaire, une rééducation spécialisée.
L’ostéopathie intervient sur une dimension complémentaire. Elle peut intégrer la sensibilité et la mobilité relative des tissus abdominaux, la respiration, le diaphragme, les lombaires et le bassin lorsque leur participation paraît pertinente.
Une prise en charge cohérente consiste donc à identifier le mécanisme dominant, à choisir le professionnel adapté et à associer les interventions lorsqu’elles poursuivent des objectifs complémentaires.
Vous souffrez de constipation, de ballonnements ou de tensions abdominales ? Une consultation avec votre ostéopathe à Grasse peut permettre d’évaluer si une prise en charge manuelle est adaptée et de vous orienter lorsqu’un avis médical, diététique ou une rééducation spécialisée est prioritaire.
Article rédigé par Joya Glise, ostéopathe D.O. à Grasse.
Date de publication : 25/09/2026
Dernière mise à jour : 25/09/2026
Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas une consultation médicale. Une constipation récente, inhabituelle, persistante ou associée à des signes d’alerte nécessite un avis médical.



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